La douce ankylose de la plénitude

23 avril 2011

How the hell did I get here so soon

C'est ce que Tom Waits veut savoir. Mais aussi, ce que veut savoir le docteur qui entre à l'épicerie acheter des oranges et des framboises, et le gentil épicier au sourire sincère qui les lui vend. J'imagine que mes voisins, le couple du troisième et la fille du cinquième, se posent la même question. Quand je parle, quand je ris, quand je passe mon temps à ne rien faire, même quand j'oublie, moi aussi je me le demande. Peut-être que derrière toutes les questions se cache la seule et unique vraie question. Notre pharmacien, le tout maigre auquel on ne peut attribuer aucun âge certain. Il dit que ça fait vingt trois ans qu'il travaille là. Qu'il est temps de partir. Il trouvera un autre boulot ; ne reviendra pas à la station Gabriel Péri. Changera de vie, d'amis, de quartier. Mais la question demeurera. L'autre, le bavard que nos voisins du troisième n'aiment pas, lui aussi, j'en suis sûre, se le demande. Les vieux qui font des têtes de haine quand des ados crient dans le métro, les parents qui étouffent les rêves de leurs enfants, les forts, les faibles, les beaux et les moches, tous sans exception, désormais habitants de ce côté du grillage, murmurons avec Tom le refrain de sa chanson, tous les jours, dans chacun de nos gestes.

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19 avril 2011

Refaire les perspectives

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18 avril 2011

That's us, before we got there

Tap tap tap mes doigts sur le clavier mon corps tremblant les feux solitaires passant du rouge au vert pour les voitures fantômes le vélo sur lequel je suis montée qui m'avait été offert et que j'adorais la bouteille de rouge que j'ai acheté à l'épicerie à côte de chez moi Manuel qui travaillait dans sa chambre m'a vue passer dans le couloir silence de dimanche la lumière jaune sur le miroir et le choix des vêtements pour ne pas avoir l'air le froid le froid car on était déjà l'automne et le froid la cuisine c'était le soir tard et ton texto mon désespoir l'incertitude le coeur dans la main le souffle dirigé l'esprit vers ces rues de Rennes la force qui me guidait la force c'était pas mes jambes les rues qui descendaient moi qui descendais vers chez toi la vie qui s'étendait s'étendait vers l'infini la peur panique les feux voici ta porte voici ta maison mon corps qui s'avançait pour sonner vos deux noms à côté de la sonnette mon corps tremblant tes pas qui approchaient et la porte cette porte qui allait bientôt s'ouvrir

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17 avril 2011

"Je ne peux pas vivre sans elle"

Ha ha ha, Hong Sang-Soo

 

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15 avril 2011

Retours, retours

Dans les villes où j'ai vécu, je m'égare et je balbutie, comme face à l'amour perdu. Il faut quand même tenir, je me dis ; et je trouve, avec effort, la détermination de m'agripper au présent. Mais vous savez ce qu'il en est : les images repoussent. Comme des mouches elles voltigent bêtement, tombent dans le piège, se débattent pour vivre et meurent à la fin ; leur petit cadavre reste collé là-haut, et pend du plafond au milieu de la pièce. 

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